Quels sont les plus grands guitaristes de tous les temps ?

En 1970, un journaliste demande à Jimi Hendrix ce que ça fait d’être le meilleur au monde. Sa réponse ? « Je ne sais pas, demandez à Rory Gallagher. » Cette anecdote résume bien le problème : il est impossible d’établir un classement des plus grands guitaristes de tous les temps. Et pourtant, on va essayer.
Parce qu’au fond, quand on gratte ses premières gammes dans sa chambre, on a tous un poster mental de ces artistes qui nous font rêver. Si vous commencez à avoir un bon niveau, vous avez probablement déjà une culture générale autour de la guitare — les styles, les chansons mythiques, les noms qui reviennent toujours. Voici ceux qui, à mon sens, méritent une place au panthéon.
Jimi Hendrix, celui qui a tout réinventé (1942-1970)
Qui ne connaît pas ce guitariste ?
Jimi Hendrix, ce n’est pourtant que quatre ans de carrière internationale. Quatre petites années. Et pourtant, Hendrix a littéralement réécrit les règles du jeu. Quand il débarque à Londres en 1966, personne ne s’attend à ce qui va suivre.

Ce qui frappe d’abord, c’est sa façon de jouer un instrument de droitier alors qu’il est gaucher — cordes inversées, tout à l’envers. Résultat : un son unique, des bends impossibles pour n’importe qui d’autre, et cette capacité à tirer de sa Fender des textures qu’on n’avait jamais entendues. Le feedback contrôlé, la pédale wah-wah poussée dans ses retranchements, les harmoniques qui surgissent de nulle part…
Son interprétation de l’hymne américain à Woodstock en 1969 reste un moment de pure folie sonore. Si vous voulez comprendre pourquoi Rolling Stone l’a placé numéro un de son classement, écoutez Voodoo Child (Slight Return) ou Purple Haze. Le psychédélique, le blues électrique — tout y passe, et tout en ressort transformé.
Ce qu’on peut lui piquer : l’utilisation créative des effets et surtout cette liberté totale dans l’approche de l’instrument.
Eric Clapton, le slow hand légendaire (né en 1945)
Clapton est le seul guitariste à avoir été intronisé trois fois au Rock and Roll Hall of Fame : en solo, avec les Yardbirds, et avec Cream. Ça force le respect !
Dans les années 60, des graffitis « Clapton is God » fleurissaient sur les murs de Londres. Exagéré ? Peut-être. Mais quand on écoute son solo sur Crossroads ou la douleur brute de Tears in Heaven, on comprend d’où vient cette dévotion. Son surnom de « Slowhand » vient de sa capacité à faire chanter chaque note, à laisser respirer ses phrases là où un autre guitariste empilerait les notes à la pelle.
Son jeu sur Stratocaster (la fameuse « Blackie ») ou Gibson Les Paul a défini le son British des années 60. L’album Riding With the King, enregistré avec B.B. King en 2000, prouve que même après des décennies, le bonhomme n’a rien perdu de sa magie.
Ce qu’on peut lui piquer : la notion que moins peut être plus — un vibrato bien placé vaut parfois mieux qu’une cascade de notes.
Jimmy Page, l’architecte du hard rock (né en 1944)
Ancien musicien de studio (il a joué sur des centaines de disques avant Led Zeppelin), Jimmy Page savait exactement ce qu’il voulait quand il a fondé le groupe en 1968. Le résultat ? Une discographie quasi parfaite et des riffs qui hantent encore les salles de répétition.

Stairway to Heaven reste l’un des morceaux les plus joués en magasin — au point que certains ont affiché des panneaux « No Stairway » pour avoir la paix. C’est dire l’influence du morceau. La montée progressive, l’arpège acoustique qui évolue vers le final électrique… Page a compris quelque chose d’essentiel : la dynamique, le voyage sonore.
Sa technique à l’archet de violon sur sa Les Paul (écoutez Dazed and Confused en concert) reste unique. En 2008, il reçoit le titre de Doctor Honoris Causa pour sa contribution à la musique. Mérité.
Ce qu’on peut lui piquer : la construction d’un morceau comme une histoire, avec des chapitres et une progression émotionnelle.
Envie d’explorer d’autres horizons ? Découvrez notre sélection des meilleurs guitaristes français !
Chuck Berry, le père fondateur (1926-2017)
Pas de rock’n’roll sans Chuck Berry. Point. John Lennon l’a dit mieux que personne : « Si on devait donner un autre nom à cette musique, on pourrait l’appeler Chuck Berry. »
Son riff d’ouverture sur Johnny B. Goode (1958) est probablement la phrase la plus reprise de l’histoire. Cette intro, tout le monde la connaît, même ceux qui n’ont jamais touché un instrument. Berry a inventé le vocabulaire : les double-stops, le duck walk sur scène, cette énergie brute et joyeuse qui a influencé absolument tout le monde — des Beatles aux Rolling Stones.
Écoutez Roll Over Beethoven, Rock and Roll Music, ou Maybellene. Ces morceaux ont plus de 65 ans et ils sonnent toujours aussi frais. Chuck Berry a posé les bases de ce qui allait devenir les différents styles de guitare que l’on connaît aujourd’hui.
Ce qu’on peut lui piquer : la puissance d’un bon riff, simple mais imparable, qui reste en tête pendant des jours.
B.B. King, le roi incontesté (1925-2015)
Riley B. King — le « B.B. » signifie « Blues Boy » — n’a pas inventé le genre, mais il l’a porté à un niveau d’expression inégalé. Sa Gibson ES-355 baptisée Lucille est devenue aussi célèbre que lui. La Cité de la Musique à Paris lui a d’ailleurs consacré plusieurs expositions retraçant son immense héritage.
Ce qui distingue B.B. des autres ? Son vibrato. Cette façon de faire trembler une note comme si elle pleurait, de laisser des silences qui en disent autant que les notes jouées. Il ne jouait pas d’accords — juste des lignes mélodiques d’une expressivité folle. « L’instrument me parle », disait-il. Et quand on écoute The Thrill Is Gone, on comprend ce qu’il voulait dire.
Son influence sur Clapton, Hendrix, Stevie Ray Vaughan et des générations de musiciens est immense.
Ce qu’on peut lui piquer : le vibrato expressif et l’art de faire parler une seule note.
Keith Richards, le maître des riffs (né en 1943)
Cofondateur et guitariste des Rolling Stones, Keith Richards est sans doute l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps. Son secret ? L’open tuning en Sol, avec la 6ème corde carrément retirée de l’instrument.
Cet accordage particulier lui a permis de créer des phrases impossibles à reproduire autrement : Start Me Up, Brown Sugar, Jumpin’ Jack Flash… Des morceaux qui tiennent en quelques accords mais qui vous collent au cerveau pour la vie.
Richards incarne une philosophie : servir la chanson, pas son ego. Ses solos sont rares, mais ses riffs sont légendaires. Il prouve qu’on peut marquer l’histoire sans être un virtuose technique.
Ce qu’on peut lui piquer : l’exploration des accordages alternatifs et l’art du riff qui groove.
Eddie Van Halen, le révolutionnaire technique (1955-2020)
Le guitariste Eddie Van Halen a fait aux années 80 ce qu’Hendrix avait fait dans les années 60 : tout exploser. Sa technique du tapping à deux mains — qu’il n’a pas inventée mais qu’il a popularisée — a ouvert des possibilités que personne n’avait imaginées.

Écoutez le solo d’Eruption (1978) : 1 minute 42 de pure démence qui a traumatisé une génération de musiciens. Ou Jump, Panama, Hot for Teacher… Eddie combinait virtuosité et sens de la mélodie, ce qui est plus rare qu’on ne le pense.
Il bricolait aussi ses propres instruments, créant la fameuse « Frankenstrat » à partir de pièces détachées. Un vrai bidouilleur de génie.
Ce qu’on peut lui piquer : le tapping, les harmoniques artificielles, et l’idée qu’on peut repousser les limites tout en restant musical.
Slash, l’icône des années 90 (né en 1965)
Le chapeau haut-de-forme, la tignasse qui cache le visage, la Les Paul enfoncée dans un Marshall poussé à bloc… Slash a créé une image de guitariste aussi reconnaissable que son son. Avec Guns N’ Roses, il a rappelé que la scène pouvait encore être dangereuse et excitante.
Le riff de Sweet Child O’ Mine — celui que tous les débutants essaient de jouer en magasin — est né d’un exercice d’échauffement. Comme quoi. Et son solo sur November Rain reste l’un des plus beaux moments des années 90.
Slash incarne l’artiste dans toute sa splendeur : du feeling, du groove dans les doigts, et cette capacité à créer des mélodies qui vous prennent aux tripes.
Ce qu’on peut lui piquer : le phrasé blues-rock et l’importance du son — sa combinaison Les Paul/Marshall est devenue un standard.
Stevie Ray Vaughan, le dernier des géants (1954-1990)
Quand Stevie Ray Vaughan débarque dans les années 80, le blues est moribond. Il va le ressusciter à lui seul, avec une intensité et une technique qui laissent pantois même les vieux de la vieille.
Son jeu de guitariste combine la puissance d’Hendrix (qu’il vénérait) et le feeling de B.B. King. Ses reprises de Little Wing ou Voodoo Child ne sont pas des copies — ce sont des réinterprétations qui tiennent tête aux originaux. Son album Texas Flood (1983) est une masterclass de ce genre.
Mort à 35 ans dans un accident d’hélicoptère, il n’a pas eu le temps de vieillir. Mais ce qu’il a laissé — notamment le Grammy Award du Meilleur Disque de Blues en 1989 pour In Step — suffit à le classer parmi les plus grands.
Ce qu’on peut lui piquer : l’agressivité contrôlée, le shuffle texan, et cette façon d’attaquer les cordes comme si sa vie en dépendait.
Et tous les autres qu’on ne peut pas oublier
Un tel classement, c’est forcément injuste. Comment ne pas mentionner David Gilmour et ses solos atmosphériques avec Pink Floyd ? Ou Pete Townshend et ses moulinets légendaires avec The Who ? John Lennon et ses mélodies cristallines ? Carlos Santana et son style latin reconnaissable entre mille ?
Et puis il y a Joe Satriani, le professeur devenu Guitar Hero, qui a formé des virtuoses comme Steve Vai et Kirk Hammett. Ou Jeff Beck, inclassable, qui passait d’un genre à l’autre avec une aisance déconcertante. Sans oublier Robert Johnson, le bluesman mystérieux dont la légende raconte qu’il aurait vendu son âme au diable pour jouer comme ça…
Chacun de ces artistes a apporté quelque chose d’unique. Et c’est peut-être ça, finalement, le point commun : ils ont trouvé leur voix, leur son, leur façon de s’exprimer à travers six cordes et un bout de bois.
Questions fréquentes sur les guitaristes légendaires
Qui est considéré comme le meilleur guitariste de tous les temps ?
Jimi Hendrix arrive systématiquement en tête des classements, notamment celui de Rolling Stone (2003 et 2011) et de Gibson (2010). Sa capacité à révolutionner l’instrument électrique en seulement quatre ans de carrière en fait une référence incontestée. Cela dit, « meilleur » reste subjectif — chaque style a ses maîtres.
Quels sont les guitaristes qui ont le plus influencé le rock moderne ?
Chuck Berry a posé les bases du genre, Hendrix a révolutionné l’électrique, et Eddie Van Halen a ouvert la voie au métal technique des années 80-90. Keith Richards et Jimmy Page ont défini le son britannique. Ensemble, ces artistes ont façonné tout ce qu’on entend aujourd’hui.
Par quel artiste commencer pour apprendre ce style ?
B.B. King est idéal pour débuter : son jeu mélodique, basé sur la gamme pentatonique et un vibrato expressif, est plus accessible que celui de Stevie Ray Vaughan. Bonne nouvelle : on peut commencer la guitare à tout âge, il n’y a pas de limite pour se lancer. Ensuite, on peut évoluer vers Clapton (l’album From the Cradle) avant d’attaquer les techniques plus agressives de Vaughan.
Quelle guitare utilisent les plus grands guitaristes ?
Deux modèles dominent : la Fender Stratocaster (Hendrix, Clapton, Vaughan) et la Gibson Les Paul (Jimmy Page, Slash). La Strat offre un son clair et des possibilités de vibrato, tandis que la Les Paul délivre un son plus gras et puissant. Le choix dépend du style recherché.
Comment développer son propre style de guitare ?
Tous les grands ont commencé par copier leurs idoles avant de trouver leur voix. Étudiez les techniques de plusieurs genres, analysez ce qui vous touche chez chaque artiste, puis expérimentez. Le style personnel émerge naturellement avec le temps et la pratique.
Voilà, on a fait le tour — enfin, un tour forcément incomplet. Ces légendes nous rappellent une chose essentielle : la technique compte, mais l’expression personnelle compte encore plus. Hendrix jouait « à l’envers », B.B. King ne faisait que des solos sans accords, Keith Richards retire une corde de son instrument… Chacun a trouvé sa propre voie. D’ailleurs, oubliez les idées reçues sur l’apprentissage : il n’y a pas de règle absolue pour progresser.
La bonne nouvelle ? Tous ces albums, tous ces lives, toutes ces techniques sont à portée de clic. Il n’y a plus qu’à s’y mettre. Et si vous avez besoin d’un coup de pouce pour déchiffrer un riff de Slash ou comprendre le vibrato de B.B. King, un bon cours peut faire des miracles.
Envie de jouer comme vos idoles ?
Apprenez les techniques des plus grands avec des cours adaptés à votre niveau. Du feeling de B.B. King aux riffs de Slash, progressez à votre rythme.